La lettre d’info #3

Chères amies, chers amis,
Chers adhérents et adhérentes,

Le printemps a pris L’Autre Ferme dans ses bras, la beauté du paysage change chaque jour.

Les chants des mésanges, moineaux, huppes, chardonnerets et hirondelles s’enroulent dans un réjouissant concert. Ils s’activent à tisser leurs nids, parfois en prenant la laine directement sur le dos des moutons.

Les grenouilles de l’étang tiennent des assemblées tapageuses : quand elles se taisent, c’est que les hérons ne sont pas loin… Les abeilles et bourdons volent de biais, sans doute soûlés de nectar, il est fréquent d’en ramasser un au sol pour le poser sur un muret d’où il repart quelques minutes plus tard. C’est la saison des grands travaux du vivant.

Les arbustes que nous avons plantés cet hiver semblent tous se plaire, feuilles et fleurs apparaissent. La seule menace vient des moutons, malgré le filet « protection anti-chevreuil » qui les entoure, ils ont un peu écorcé le jeune tronc de deux mirabelliers. On laisse tomber la tonte naturelle du côté jardin… et on tond un tout petit peu de temps en temps pour que les humains profitent d’un petit coin sans couleuvre et moins de tiques. Oui, c’est la campagne !

Les animaux

L’enclos pour les poules et la lapine est terminé et sécurisé. L’herbe est haute, elles ont près de 300 m2 pour 8 poules et 1 lapine. En dépit de leurs reproches (quand elles sont massées devant le portillon et qu’elles vocalisent de façon inhabituelle en me suivant des yeux, ce sont des reproches) (et oui, je culpabilise), je sais qu’elles ne manquent de rien. La lapine a de la compagnie qu’elle apprécie, elle est joyeuse et adore faire des tunnels parmi les herbes hautes. Les poules ont toujours quelques heures de liberté totale dans la journée et je peine à rattraper Brigitte, notre poule exploratrice connue de tout le hameau.

Les moutons ont 3 hectares de prairie bientôt séparée en 3 parcelles. Ils iront de l’une à l’autre. Ces petits changements permettront à la terre de se reposer.

Je me suis fait toute seule une grosse frayeur : matin et soir, je passe un moment avec eux. Est-ce que tout le monde se met debout, pas de nez ou d’yeux qui coulent etc… depuis quelques jours, je les trouvais un peu léthargiques, écrasés au soleil avec les hirondelles qui venaient leur piquer la laine sur le dos… je passais donc un peu plus de temps à les observer. Et un soir, terreur, il me semble que l’un d’entre eux à la langue un peu gonflée et bleutée. C’est un très très mauvais signe. Un virus grave. Une spirale infernale avec risque de mortalité et déclaration sanitaire. L’enfer émotionnel et administratif en même temps. J’appelle le vétérinaire sanitaire qui me dit qu’il viendra le lendemain matin.

Lorsqu’il arrive, je me précipite, inquiète, prête à en découdre avec le destin. Et je le vois moqueur accoudé à la barrière. « Ils sont magnifiques vos moutons, ils sont en pleine forme. On va regarder de plus près mais ils ne sont pas malades ! »

L’auscultation le confirme, rien. Des moutons heureux et en bonne santé. S’ils sont un peu léthargiques au soleil, c’est, dixit le vétérinaire, qu’ils sont un peu «basiques» et ne pensent pas à se mettre à l’ombre. J’ai présenté des excuses aux moutons qu’on leur parle ainsi. Basiques, non. Paresseux, je ne dis pas…

Deux des chambres d’hôtes sont prêtes à vous accueillir. La troisième sera ouverte pour l’été.

Elles sont calmes et confortables, équipées d’une literie écologique de fabrication française et de draps en lin. L’une à vue sur les prairies, c’est la chambre des prairies, l’autre sur le potager et les oiseaux qui habitent la grange et l’ancienne boulangerie. C’est la chambre chouette.

Si vous êtes à la recherche d’un endroit calme pour travailler, écrire, photographier… il est possible de privatiser l’étage et d’utiliser l’une des chambres comme bureau.

Un grand salon-cuisine est la cœur de la maison. Il y a un demi-queue Pleyel de 1887 avec lequel vous pouvez jouer. Il a une belle histoire que je vous raconterai si vous voulez.

Le petit-déjeuner est en libre-service pour que vous puissiez le prendre à votre rythme.

Je propose une table d’hôte. Le tout est 100% végétal et le plus possible local et de saison. Tout est fait maison. Confiture de figues du jardin et « miel » de pissenlit ouvrent votre journée.

Les détails sont sur le site internet mais le calendrier n’est pas encore en ligne : en attendant vous pouvez nous écrire pour réserver. 

Les recettes des chambres et tables d’hôtes sont intégralement consacrées à notre projet.

Et la suite ?

Nous accueillons deux « woofeurs » qui aident aux soins des animaux et surtout à la mise en place d’un potager. Il est destiné à l’alimentation des animaux, des hôtes, des participants aux ateliers… En juin, une stagiaire de longue-durée prendra le relai. Elle a en projet la création d’un lieu similaire et vient en incubation à L’Autre Ferme !

Nous avons en vain cherché un.e stagiaire en communication. Si vous connaissez quelqu’un.e, dîtes-lui de nous écrire, merci ! Pensez que le site internet serait tenu à jour et qu’un calendrier de réservation serait en ligne pour les chambres. Quel bonheur…

Il va être temps de faire les foins. Comme nous en avons de grandes quantités, nous en troquons une partie avec une pension pour chevaux, foin contre coups de pouce.

Nous allons faire la clôture de la prairie sous l’étang et construire 2 abris supplémentaires. Et forts de l’expérience du premier hiver, entreprendre des modifications sur les abris existants pour les rendre plus confortables.

Nous allons terminer le “Palassalapins”, un havre de paix pour lapins rescapés. 300 m2 de volière avec clôture enterrée et 4 petits abris déjà construits. Les lapins creusent et pourraient donc se retrouver nez-à-nez avec le renard qui lui aussi creuse… Et nous avons beaucoup d’oiseaux de proie. Tous ceux-là aussi ont le droit de manger mais les animaux recueillis au refuge ont déjà subi suffisamment d’horreur pour finir ainsi. Avec leur belle volière, ils pourront rester dehors même la nuit en toute sécurité.

Notre objectif d’ici la fin de l’été est d’être en mesure d’accueillir une nouvelle troupe de poules, peut-être même avec un coq, une dizaine de lapins et 4 ou 5 plus gros animaux en fonction des urgences qui se présenterons.

Et nous avons toujours grand besoin de vous ! 

L’accueil des animaux ne peut se faire qu’avec votre aide.

Merci de penser à renouveler votre adhésion, elle est valable une année. Pensez aussi au parrainage/marrainage, parlez de nous à vos proches et amis. Vous pouvez également faire un don ponctuel. 

Les adhésions et dons sont déductibles de vos impôts dans la limite de 66% du montant. Un don de 100 € vous coûte, après déduction fiscale, 34 €.

Nous avons édité un tract de présentation avec bulletin d’adhésion. Dites-nous si vous voulez en recevoir quelques uns à distribuer autour de vous. Il est aussi en téléchargement sur notre site.

Nous espérons vous accueillir bientôt à L’Autre Ferme. Nous sommes prêts !

Anne-Lorraine

La lettre d’info #1

Chères amies, chers amis, Chère Madame, Cher Monsieur,

Voici la toute première lettre trimestrielle de L’Autre Ferme.

J’espère que vous aurez plaisir à suivre la création de ce lieu dédié à la protection des animaux sauvages et domestiques, en particulier ceux de l’élevage, et de la nature.

Je prends (enfin!) le temps de lancer cette lettre à la faveur d’un orage furieux, charriant des trombes d’eau et des senteurs incroyables qui s’élèvent de la terre brûlée par des semaines de fortes chaleurs…

L’Autre Ferme est installée dans une bâtisse du XVII° siècle au cœur de la Charente Limousine.

Plus de onze hectares de prairies naturelles entourent la maison, un petit étang abrite grenouilles, poissons, libellules et canards sauvages… Un hamac a récemment fait son apparition sous le grand chêne, signalant par là que les humains sont également protégés !

Depuis le 13 mai, avec l’aide d’ami.es et bénévoles, nous préparons l’accueil des premiers animaux. Un immense merci à celles et ceux qui ont déjà adhéré à l’association, votre aide nous est précieuse !

Un immense merci également à mon amie Nina Bunjevac, dessinatrice de bande dessinée et illustratrice, qui a donné un visage à L’Autre Ferme, cette jolie chèvre artiste…

Après avoir préparé enclos et abris, j’ai enfin pu accueillir le 14 août, trente et un moutons d’Ouessant en partenariat avec l’OABA (Oeuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoirs).

Le 17 août, ce sont 8 poules de réformes qui sont arrivées à la ferme.

D’autres animaux seront accueillis au fur et à mesure de nos capacités à créer les enclos et les abris.

Outre les animaux, qui sont le cœur du projet, L’Autre Ferme proposera des ateliers de cuisine végétale, d’observation des oiseaux, des plantes, mais aussi des chantiers d’insertion… Elle accueillera des artistes et chercheurs en résidence et proposera des chambres d’hôtes pour des séjours en immersion. Ces chambres ouvriront à la fin de l’année et sont réservées aux adhérent.es de l’association jusqu’au printemps 2021.

L’Autre Ferme entre dans une phase cruciale de sa mission :

protéger, sensibiliser, partager, essayer, innover !

Essayer de toutes ses forces de réconcilier l’humain et la nature, le citadin et le rural, l’humain et l’animal. Chercher comment vivre bien sans détruire, accueillir les progrès modernes, quels qu’ils soient, sans mettre en danger ce qui est fragile.

Tenter de réparer ce qui a été bouleversé, détruit, chassé, comme la faune sauvage. Mettre des nids, de l’eau, soigner, laisser tranquille. Surtout ne pas « réguler » et laisser la nature de se réparer.

Trouver des solutions accessibles à toutes et tous, faciles à mettre en œuvre, pour modifier celles de nos habitudes qui engendrent des dommages.

Je vous invite à rejoindre L’Autre Ferme sur les réseaux sociaux pour suivre et partager au fil des jours nos aventures et à adhérer à l’associationVotre soutien est indispensable !

J’espère vous rencontrer bientôt en visite à L’Autre Ferme,

Amicalement,

Anne-Lorraine Vigouroux

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ou sur Instagram : https://www.instagram.com/lautreferme/